Le bouddhisme tibétain

 La naissance du boudhisme 

Siddhârta Gautama, du clan des Sâkya, était un fils de roi, vivant environ 600 ans avant Jésus Christ. Il vécut une existence privilégiée et protégée, jusqu’à ce qu’il réalise que tous les êtres connaissaient en fait la souffrance, la vieillesse, la maladie et la mort. Il décida alors de se mettre en chemin, en renonçant à toute sa vie de plaisir. Il devint un samana, un errant. Par des pratiques méditatives, avec pendant une période des pratiques ascétiques, il atteint l’Eveil, « l’au-delà de la souffrance ».
Lorsqu’il atteignit l’Eveil, il devint le Bouddha (« l’Eveillé ») (comme d’autres l’ont été avant lui) et enseigna sa méthode, ce qu’il avait découvert en route, jusqu’à la fin de sa vie, en adaptant ses enseignements aux besoins de ceux qui l’écoutaient.

Du point de vue du Mahayana, on parle alors des enseignements (avec comme textes, rédigés à postériori : les soutras) selon trois tours de roue :
– le premier tour ou enseignements du petit véhicule (Hinayana) , qui deviendra plus tard le véhicule des anciens (Theravada), (le « véhicule » étant le « véhicule vers l’Eveil »),
– le deuxième et troisième tour pour le Grand Véhicule ou Mahayana.

Le Vajrayana, ou Véhicule de diamant, est le Mahayana associé à des « moyens habiles » ou méthodes particulières de méditation, avec notamment des visualisations, s’appuyant en plus des soutras, sur d’autres textes appelés, les tantras. Comme la voiture de course par rapport à la marche à pied, il est dit plus rapide et plus puissant, mais plus risqué, et s’étudie, de façon progressive et graduelle sous la houlette bienveillante d’un maître du Vajrayana, le lama.

Boudhisme tibétain : développement du boudhisme au Tibet sous la forme du Vajrayana

Ainsi le bouddhisme, au départ indien, s’est diffusé à Ceylan, puis en Chine et dans toute l’Asie du Sud-Est dans les premiers siècles après JC, et tardivement au Tibet vers le VII-VIIIe siècle. C’est là qu’il va se développer de façon originale sous la forme du Vajrayana, avec une pratique yogique d’une part et une pratique monastique d’autre part.

Dans les deux cas, il est insisté sur l’importance de l’étude et de la réflexion sur les textes des grands auteurs indiens du  Mahayana, tels Nāgārjuna, Aryadeva, Asaňga, Shantarakshita, Atisha, (l’équivalent des Socrate, Aristote, Platon, en termes de renommée et d’importance dans le monde Asiatique), ainsi que de leurs commentaires ou śāstra (skt), par les sages tibétains, associée à une réflexion, puis à une pratique méditative .
guru rinpoché - second boudha tibétainLa méditation permet de « réaliser » ce que les grands sages ont décrit après l’avoir eux-mêmes expérimenté, (avec toute cette difficulté de traduire par écrit une expérience au-delà du dicible, et c’est là où « l’explication de texte » du lama est indispensable) et avec différents paliers de réalisation. Ces grands auteurs seront représentés sur nombre de Thangkas.

Au Tibet, on réserve une place particulière à l’un de ces grands maîtres, Padmasambhava ou Padmakāra (skt), Guru Rimpoché pour les tibétains, considéré comme le second Bouddha, qui développa le bouddhisme au Tibet au VIIIe siècle avec Sāntaraksita, autre grand maître indien

On dit que le bouddhisme a été diffusé au Tibet en deux fois, une première fois au VIIe-VIIIe siècle et une seconde fois au XIe, entrecoupée d’une période de destruction des monastères. Durant toutes ces années, certaines écoles ont disparu.

Aujourd’hui, au Tibet, il perdure essentiellement 4 écoles avec des lignées de pratique (de maître à disciple, remontant au Bouddha, par transmission orale, via le souffle )celle des anciens ou Nyingmapa, et les écoles nouvelles (après le XIe siècle) : des Gelougpa (avec comme hiérarque le Dalaï lama), des Sakyapa, des Kagyüpa (avec le karmapa). On y rajoute l’école Bönpo, proche des Nyingmapa dans les pratiques, avec des divinités différentes.

bouddhisme tibetain | thangka tibetaine

« Tout ce qui existe se trouve soit dans le samsãra, soit dans le nirvãna. D’un point de vue bouddhiste, tout être vivant ne peut être ailleurs que dans l’un de ces deux états d’existence, nulle part ailleurs. Le samsara est notre état présent d’existence. Le nirvãna, quant à lui, est « atteint », lorsqu’on perçoit la réalité telle qu’elle est, à l’instar des bouddhas et des autres êtres pleinement réalisés. Tant qu’on ne perçoit pas la réalité de la sorte, on est dans le samsãra. »

Ringou Tulkou Rinpoché. Et si vous m’expliquiez le bouddhisme ? Ed J’ai Lu.

 

  

Shantarakshita

  

Puissé-je être un protecteur pour ceux qui n’en ont pas
Un guide sur la route des voyageurs,
Un pont, un navire ou une barque,
Pour ceux qui veulent franchir les eaux.
Puissé-je être une île pour ceux qui la cherchent,
Une lampe pour ceux qui désirent la lumière,
Un lit pour ceux qui ont besoin de repos,
Un serviteur pour ceux qui veulent un serviteur.

Shantideva. Boddhisattvacharyavatara

Chenrezi

Bouddhisme tibétain en Alsace

Bouddhisme tibétain tradition kagyüpa  : bodhicharya-france.org
Bouddhisme tibétain tradition sakyapa : sakyatsechenling.eu

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